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Mar Menor, premier cas des Droits de la Nature en Europe

1. Droits de la Nature| Views: 25

D’une classe à l’Université au Congrès. L’histoire des droits de la nature dans la lagune de Mar Menor

Mar Menor, situé dans la région de Murcie, au sud-est de l’Espagne, est un écosystème unique et fragile qui a été confronté à un certain nombre de défis environnementaux ces dernières années. La pollution, le surdéveloppement et la surpêche ont entraîné un déclin de la biodiversité et de la santé de l’écosystème de la lagune.

La population locale s’est mobilisée afin de protéger et de préserver cette zone importante, aboutissant à l’adoption d’une loi qui reconnaît des droits à la Lagune Mar Menor. Ainsi, une initiative des étudiants de l’Université de Murcie, ayant obtenu plus de 615 000 signatures, a aboutit à la création d’une Initiative Législative Populaire défendue devant le Congrès et devenue une loi révolutionnaire, adoptée en 2019, qui reconnaît le Mar Menor comme ayant ses propres droits juridiques, distincts de ceux des êtres humains ou des sociétés.

Elle établit que la lagune Mar Menor a le droit d’exister, de s’épanouir et de régénérer ses cycles naturels, que ces droits doivent être protégés et défendus par le gouvernement et la communauté locale et que ceux qui lui portent atteinte peuvent être tenus légalement responsables. La loi reconnaît également que les actions humaines peuvent avoir des impacts négatifs sur l’écosystème, et elle établit un certain nombre de mesures pour atténuer ces impacts et restaurer la santé du Mar Menor.

L’une des principales mesures prévues par la loi est la création d’un « plan de restauration » pour le Mar Menor. Ce plan définit une série d’actions à entreprendre pour améliorer la qualité de l’eau et la biodiversité de la zone, et il est régulièrement révisé et mis à jour pour s’assurer qu’il reste efficace. Le plan comprend également des mesures spécifiques visant à résoudre des problèmes tels que l’eutrophisation (niveaux excessifs de nutriments dans l’eau), la sédimentation et la perte de zones humides et d’autres habitats importants.

Outre le plan de restauration, la loi comprend également un certain nombre d’autres mesures visant à protéger le Mar Menor, comme la réduction de la pollution par les nutriments et la protection des habitats essentiels des espèces menacées. Par exemple, elle établit des règles strictes concernant l’utilisation d’engrais et de pesticides dans les zones agricoles environnantes et exige que les nouveaux aménagements dans la région soient conçus de manière à minimiser leur impact sur l’écosystème. Elle crée également un fonds destiné à soutenir les efforts de conservation et de restauration de la lagune.

Une autre dispositions de la loi est la création du rôle de « gardien » de la lagune, qui sera chargé de surveiller et de faire respecter les droits légaux de la lagune. Ce tuteur travaillera en étroite collaboration avec les communautés locales, les entreprises et les agences gouvernementales pour veiller à ce que les droits de la Mar Menor soient respectés et appliqués.

La loi comprend également des dispositions visant à sensibiliser et à éduquer le public sur l’importance du Mar Menor, et elle crée un système de surveillance de la santé de l’écosystème et de rapport sur les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de restauration.

Dans l’ensemble, la loi sur les droits de la nature de Mar Menor constitue une avancée importante dans la protection et la préservation de cet écosystème unique et fragile. En reconnaissant les droits de la nature et en prenant des mesures concrètes pour atténuer les impacts négatifs des activités humaines, la loi contribue à garantir que le Mar Menor puisse continuer à prospérer pour les générations à venir.

Elle crée un précédent puissant que d’autres régions et pays pourront suivre, et rappelle que nous devons prendre des mesures urgentes pour protéger les précieux écosystèmes de notre planète. cette loi n’est pas seulement une reconnaissance juridique mais aussi morale et éthique, que le Mar Menor a le droit d’exister et de prospérer et que les actions humaines doivent être en accord avec ce droit. Cette nouvelle loi est un appel à l’action pour que les individus, les communautés et les gouvernements travaillent ensemble pour protéger et restaurer le Mar Menor, et tous les écosystèmes de la planète, pour les générations futures.

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