Lit by Massuana, dessin, 2025, Keywa Henri

Written by

Yaku Massuana : Notre Droit de Vivre

7. Valo / Events, 8. Nos Actions, NEWS, Slider| Views: 318

Nature Rights s’associe avec trois artistes autochtones pour vous proposer une œuvre exceptionnelle dans le cadre de l’exposition Amazônia du Musée du Quai Branly. Le 21 novembre, plongez au cœur d’un récit vivant, où les voix de l’Amazonie rêvent et résistent, à travers une performance artistique immersive.

La soirée Amazônia : une ouverture des possibles artistiques à partir des savoirs traditionnels du territoire

Cette pièce de théâtre inédite s’inscrit dans le continuum festif de la soirée célébrant l’exposition actuellement en cours au musée du Quai Branly – Jacques Chirac. Le temps d’une nuit, le musée élargit son souffle : le 21 novembre, dans ses salons et ses galeries, se déploie la Soirée Amazônia en écho à l’exposition Amazônia : créations et futurs autochtones. Cette soirée est une invitation à plonger dans l’Amazonie, sous toutes ses formes, rythmes, voix et images. Musiques, performances, peinture en direct, théâtre immersif, DJ-sets et fanfare s’entrelacent pour fêter collectivement la forêt vivante, ses savoirs anciens et ses futurs possibles. Le lieu contraint d’une exposition propose une traversée, où l’œuvre est un passage pour un regard libre sur le territoire.

Un récit décolonial : les enjeux cosmopolitiques de la lutte pour les droits de la Nature

En résonance avec l’exposition Amazônia, l’association Nature Rights s’associe aux artistes Yuwey Henri, Keywa Henri et Li Cam Vega pour créer une performance théatrale et sensorielle explorant les enjeux cosmopolitiques amazoniens et la reconnaissance des Droits de la Nature comme fondement d’un nouveau futur commun. Puisant dans les pensées ancestrales et inspirées par les résistances autochtones du territoire – riche mais aujourd’hui et plus que jamais fragilisé – des voix se réunissent pour donner corps à Yaku Massuana (“fleuve” en langue Kichwa, “Amazonie” en langue Kalin’a) et mettre en lumière les réalités contemporaines de ce monde vivant.

Cette performance unique est née de la volonté d’artistes autochtones et de militants de désoccidentaliser le regard sur la forêt Massuana, tout en incarnant les savoir-faire et ontologies artistiques ancrés dans des territoires en lutte. Trop souvent, la parole des peuples autochtones est reléguée à des instances qui les dépossèdent de leur corps politique et de leurs droits territoriaux. Ainsi récupérée, la cosmogonie vernaculaire de chaque peuple est amalgamée, confinée au rang de “culture lointaine en disparition”, ou pire copiée par des artistes occidentaux dont l’inspiration serait née de la rencontre avec l’artisanat autochtone. Développant leur récit par le truchement de pratiques qui vont de la poésie à l’animation en passant par la réalisation documentaire collective, ces défenseurs affirment la mosaïque des idées et des manières d’habiter le monde propres à leurs territoires, donnant corps à de nouvelles formes de dialogue entre communautés ancestrales, non humains et luttes pour une digne reconnaissance de leur souveraineté et droit de vivre.

Yanda Inayuk Montahuano © photo de la Chosa – image prise dans la communauté d’Itia Mamaminga en Amazonie d’Equateur. La “Chosa” est la maison communale, où se retrouvent les personnes de la communauté.

Des artistes autochtones dont la liberté créatrice est politique

Leur art n’est pas simple mémoire : il est un acte de présence. Il renverse les récits qui figent, détourne les regards qui assignent. En réaffirmant la vitalité des savoirs autochtones, ces artistes esquissent d’autres devenirs — des futurs habités, enracinés, où la forêt et ceux qui l’habitent continuent de parler d’eux-mêmes. Dans le cadre d’Amazonia, leur performance devient un geste de résistance et d’imagination, un appel à voir autrement ce que nous croyons déjà connaître, et rappelle que la liberté arrachée est un récit d’avenir écrit aussi et surtout par les femmes autochtones. Raconter les blessures, les capacités de faire monde et donner les armes de se raconter, tel est le partage qui anime ce collectif. Le droit de dire est un droit de vivre.

Les artistes à la conception de l’œuvre :

Yuwey Henri est une talãmelonin (poète, autrice), onumingadoton (penseuse) et owomatodon (activiste) Kalin’a Tɨlewuyu (peuple autochtone de “Guyane Française”) et franco-brésilienne. Elle s’engage dans la lutte pour l’avenir Kalin’a et cherche à fortifier la préservation des cultures autochtones de son territoire ancestral qui subissent toujours les affres de la colonisation.

Keywa Henri est artiste pluridisciplinaire et chercheur•euse indépendante franco-brésilien•ne. Iel est la•e premier•e Kalin’a Tɨlewuyu (nation autochtone de “Guyane Française”) diplômé•e de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Lyon et œuvre pour une protagonisation autochtone contemporaine.

Li Cam Vega est une artiste pluridisciplinaire franco-péruvienne, diplômée de l’école Duperré à Paris. Elle propose un cheminement audiovisuel réalisé avec et par les communautés. Elle met en lumière les luttes et mémoires des peuples autochtones.

Trois autres artistes aideront à composer la pièce :

  • Maxine Verdier est une artiste pluridisciplinaire en chant, danse, et théâtre actuellement en formation à l’AICOM Paris. 
  • sunl!ght pablo explore la poésie, le chant, la composition et la vidéo comme autant de langages pour faire s’entrelacer les sentiments humains et les couleurs de la nature. 
  • Johanne est une artiste scénique qui pratique poésie, chant, et éloquence. Elle donne corps à ses réflexions personnelles sur l’identité culturelle.

Keywa Henri © Lit by Massuana, dessin, 2025 – Dessin reprenant le sillon de la rivière Massuana (rivière Amazone en kalin’a), de l’embouchure vers l’intérieur des terres. Lit : “allumé” en anglais.

Informations générales

Date : Le vendredi 21 novembre 2025

Deux sessions : 20h30 et 21h30

Durée : 00:30

Lieu :  Salon de lecture Jacques Kerchache, RDC du Musée du Quai Branly

Accessibilité : Handicap moteur

Public :  Tous publics

Catégorie : Performance artistique

Gratuit (dans la limite des places disponibles)

Comments are closed.

Facebook
Twitter
Instagram